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    En réponse à:
    Mireille Delunsch à Bordeaux

    En réponse au message :
    Mireille Delunsch à Bordeaux

    Bonjour Michel,

    Bonjour David, dans votre commentaire je relève une phrase qui me choque un peu :" En termes d’art, si on suit totalement les goûts du public (qui sont déjà divergents !), on passe aussi à côté de choses très précieuses."

    Je commence par souligner que j’ai bien dit totalement : je ne dis pas que l’art doit se fonder sur l’hermétisme, ou qu’il est meilleur lorsqu’il est inaccessible. Simplement que l’inclination du plus grand nombre, fût-ce un public choisi, n’est pas nécessairement un gage de qualité. Ca ne signifie pas que le plus grand nombre a forcément tort, juste qu’il n’a pas nécessairement raison non plus.
    Bref, que le fait que le public adhère moins facilement à de la musique contemporaine ou à des œuvres rares ou difficiles n’est pas une raison pour bannir ces œuvres de la programmation.
    Je ne dis pas plus que cela.

    Les formes d’art incapables de toucher grand monde peuvent elle être qualifiées de "très précieuses" ?

    Je ne pense pas que la Mort de Cléopâtre soit une œuvre universellement détestée. Par ailleurs, plus de monde lit couramment Gala que Racine, et ça ne signifie rien de leurs qualités respectives.

    Si l’art peut s’exprimer c’est parcequ’il y a un public qu’il est censé toucher et qui, très matériellement parlant, est la source des moyens indispensables qui permettent à cet art de se manifester.

    Tout à fait, l’art subventionné comme l’est la musique contemporaine, pose un problème philosophique important. Je m’y étais un peu attelé ici, mais disons pour faire simple que la sophistication extrême ou l’absence d’une bonne éducation musicale rendent certains pans de la création très fragile, fussent-ils bons.
    C’est une réflexion qu’il est nécessaire d’avoir. Pour autant, il n’est pas obligé d’en inférer hâtivement que tout ce qui est difficile est à rejeter.

    Proner le mépris de l’avis du public comme vous semblez le faire

    De grâce, Michel, pas de procès d’intention, ce n’est pas très agréable. Où ai-je dit cela ? J’ai simplement dit que l’avis du public ne pouvait pas être le seul critère de programmation.
    Sinon on programme Don Giovanni tous les ans, tout le monde est content, on remplit à chaque fois, tout le monde est content, et la culture de l’opéra se limite à une vingtaine de titres.

    me semble être une démarche un peu trop élitiste qui a toutes les chances de réduire les manifestations de l’art à de discrètes rencontres de salon entre personnes se disant (ou se croyant) "initiées".

    Sourire. Ca me rappelle un peu l’imaginaire d’une coterie en pleine collusion qui médite de s’emparer des subventions publiques pour son petit univers égotiste.
    Me concernant, je ne connais à Bordeaux, à quelques mélomanes près (très peu de monde), que le personnel d’accueil vraiment charmant, et personne haut placé ; on ne m’offre pas de place, je n’ai pas d’influence sur la programmation. Bref, je ne crois pas trop à la petite coterie qui voudrait s’emparer de l’art à son compte. (et dont je serais un éventuel représentant !) Pour ma part, si une oeuvre n’est pas jouée et que j’enrage, j’achète la partition. :-)

    En revanche, je sais bien que, si l’on demandait l’avis du public, on jouerait tous les ans les mêmes œuvres. Je ne juge pas ce choix en disant qu’il est inférieur à un autre, il est naturel que lorsqu’on travaille toute la journée, on ait envie d’entendre le soir une œuvre qu’on a eu le temps d’apprivoiser, qui ne nous soit pas inconnue, voire hostile.
    Je suis d’ailleurs extrêmement favorable à ce qu’on exécute des œuvres en langue étrangère également en français, pour les rendre plus accessibles, et à ce qu’on surtitre les récitals de lied. Même si, à titre personnel, je préfère travailler un peu la langue et le livret avant.

    Mais je crois qu’il serait dommage de se priver de la découverte de répertoires moins pratiqués, de se limiter à ressasser le connu, sans s’ouvrir à d’autres horizons.
    Surtout qu’en l’occurrence, Berlioz et Poulenc, nous ne sommes pas tout à fait dans le cas du compositeur inconnu dont on a tiré une œuvre au hasard dans quelque bibliothèque de conservatoire de village. Ni dans le cadre de compositeurs réputés pour leur difficulté d’accès !

    Il me semble que la force d’un art réside dans le nombre de personnes qu’il peut toucher,

    Dans ce cas les chansons de Pascal Obispo sont meilleures que les lieder de Schubert… Je ne sais pas si vous percevez le problème de cette position quantité=qualité. C’est infiniment plus complexe que cela…
    L’opéra est d’ailleurs un art extrêmement marginal, qui coûte extrêmement cher à la collectivité (le tiers du budget de la ville de Bordeaux), pour un petit groupe d’habitués. [Ensuite, il existe des places à prix abordables, les gens ne le savent pas, le rempart est culturel, mais c’est une autre question.]

    Dira-t-on ici qu’il faut supprimer l’opéra parce qu’il ne touche que 1 à 5% de la population et coûte bien plus que cela ?

    Evidemment, il est bien plus aisé de proposer de supprimer ce qu’on n’aime pas que ce qu’on aime. :-)

    En termes de finances publiques, je comprendrais tout à fait la remarque. En termes d’apport culturel, faire l’éloge du plus grand nombre, c’est faire l’éloge du plus petit dénominateur commun, qui n’est pas obligatoirement ce qu’il y a de plus intéressant dans chaque domaine.
    Tout le monde peut écouter du Goldman sans trop frémir d’effroi, mais il y a tant d’autres types de musiques, y compris en variété, qui peuvent présenter un intérêt plus grand au public qui s’y immergera…
    De la même façon, la peinture figurative est plus accessible (du moins en apparence). Faut-il refuser les commandes aux peintres abstraits, ou préférer exposer des pompiers à des Picasso ?

    sinon ça s’apparente à une force sans appui, c’est à dire sans action et sans effet.. Un art sans action et sans effet est pour moi un art qui n’a rien de très précieux...

    Il y a un avis qui est couramment répandu, que l’art est universel. C’est tout ce qu’il y a de plus inexact. Mozart nous paraît universel parce que nous l’entendons depuis toujours. Mais les incroyables polyphonies pygmées, nous paraissent-elles aussi universelles ?

    L’art est fait de conventions, et l’opéra plus que tout autre. Il ne s’agit pas de demander l’assimilation d’ouvrages théoriques tarabiscotés, mais juste d’un minimum de codes.
    Par exemple, on ne jugera pas un opéra sur la crédibilité de son intrigue, sur le réalisme de la mise en scène. L’intérêt est ailleurs, et c’est ce qu’il faut apprendre.

    Au sein de l’opéra, il en va de même pour chaque genre, qu’il faut apprivoiser pour en profiter pleinement. Sinon, le plus aisé est en effet de rester aux genres les plus faciles d’accès, par exemple la chanson populaire, ou la musique instrumentale de Mozart, genres pour lesquels je n’ai aucun mépris (au nom de quoi ?), mais qui ne représentent pas toute la variété et la richesse des styles disponibles.

    Encore une fois, je ne demande pas à chacun de parcourir tous les genres, mais que cette offre existe pour toutes les inclinations, cela me semble légitime, même si cela peut aller contre l’avis majoritaire du public – si d’aventure on l’interrogeait.
    Et mieux vaudrait ne pas l’interroger, car si le public d’opéra bannirait le vingtième siècle (ou à tout le moins la musique contemporaine), le public plus large bannirait l’opéra…

    J’espère avoir mieux explicité ce que sous-entendait ma remarque initiale.

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