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    Un bal masqué à Bordeaux
    Une mise en scène en forme de grand n’importe quoi
    Le 18 janvier 2008


    Hier soir, c’était la générale du bal masqué, opéra de Giuseppe Verdi qui
    était donné au Grand Théâtre de Bordeaux.

    Si d’un point de vue musical, la prestation fût honorable, on sentait bien que les chanteurs des premiers rôles ne donnaient pas le maximum. Ils devaient être fatigués sans doute par l’enchaînement des répétitions qui semble-t-il avaient été éprouvantes, surtout quand on sert une mise en scène aussi pitoyable.

    Quelques beaux passages chez la soprano et le ténor qui ne m’empêchent pas de penser que certains de ces chanteurs s’économisaient pour la première. Du côté du baryton, je n’ai pas vraiment réussi à me faire une opinion ... n’était-ce que de l’économie pure ?!

    La surprise est venue des seconds rôles ou rôles intermédiaires qui étaient très bien vocalement et qui donnaient un peu d’oxygène à cette
    représentation.

    Parmi eux la sorcière ULRICA Elena Manistina, superbe mezzo, Oscar , Daphné Touchais, belle voix aérienne de soprano malgré le numéro de clown qu’on lui fait interpréter ou les trois hommes qui nous ont donné à entendre du beau chant.

    Le choeur était également très bien quand il chantait, bien moins, lorsqu’il gesticulait pour coller à cette mise en scène complètement farfelue.

    La mise en scène, puisque que nous y voici, était du grand n’importe quoi et malgré le fait que je pense avoir l’esprit relativement ouvert, je
    peux dire que c’était tout bonnement pitoyable.

    Je ne sais pas si c’est le patronyme de Carlos Wagner qui l’a mené à la
    mise en scène d’Opéra, mais il semble que l’Art Lyrique (et fort heureusement) ne se souviendra que du seul Richard.

    Pour faire court, on voit des guerrilleros dans la jungle du côté de Cuba ou d’un pays issu de la révolution, des fusils et des pistolets au lieu
    d’épées (pourquoi pas) , un bal masqué sans masque (c’est limite) , une héroïne voilée sans voile (c’est bon je fais abstraction, je suis
    intelligent) , une mise en scène qui ne colle pas au texte ou qui nous
    raconte une autre histoire et cerise sur le gâteau une exécution sommaire d’un prisonnier nu avec les coucougnettes à l’air ( allez c’est moderne) et que l’on nous ressert trois fois de suite, histoire de bien enfoncer le clou du mauvais goût. Je ne sais pas à quoi ça sert, mais je vois bien qui ça dessert.

    Je me suis même dit : ils vont oser, pour faire plus cliché, nous mettre
    Ingrid Bétancourt enchaînée dans un coin de la forêt... ça aurait été de très mauvais goût .... on n’en était pas loin !

    Je vous passe le choeur qui se dandine avec des mouvements de rappeur sur la musique de Verdi qui, je crois, n’a pas besoin de ces gesticulations.

    Des personnages en complet décalage avec ce qu’ils sont censés représenter dans l’histoire (ah bon il y a une histoire) et vous avez là un résumé rapide du truc né de la tronche vide d’un metteur en scène qui, même s’il est diplomé de la Guildhall School of Music and Drama de Londres, confond créativité et vulgarité, d’autres diront l’amour et la gymnastique... tant que ça bouge !

    C’est dommage cette confusion des genres et c’est même préjudiciable qu’on puisse laisser à des gens issus de je ne sais pas où, le droit de dénaturer à ce point une oeuvre. C’est triste que personne dans l’institution ne s’interpose pour dire : assez !

    Hier soir, j’étais invité et je suis bien élevé, mais en d’autres circonstances j’aurai pu huer le cirque auquel j’assistais, qui dessert la
    musique et l’Art.

    Respect tout de même pour ces Chanteurs, ces Musiciens qui gagnent leur croûte dans de telles conditions. Ca ne doit pas être facile quand on aime son boulot, quand on est compétent, de se plier aux dictats de tels
    farfelus.

    Si certains ont besoin de créativité, qu’ils aillent s’exprimer ailleurs : il y a encore plein de chose à créer.

    Un Opéra, c’est avant tout de la musique, des chanteurs, une histoire et une époque. Autour, ce n’est que de l’accompagnement.

    Hier soir, si on peut faire un rapprochement avec la cuisine, c’était Tournedos Rossini au programme mais amené dans un emballage en
    carton de chez Mac Do... Désolé mais ça ne répond pas à mes critères.

    Question mise en scène, j’aime bien avoir mon assiette, ma belle nappe, mon couteau et ma fourchette... si l’assiette est verte ou bleue, ça va aussi, si c’est sur une péniche ou à la bonne franquette ou sur un coin de table avec un coup de rouge, pourquoi pas mais si c’est debout ou au mac drive, avec un serveur à casquette ... ce n’est pas ma culture et je ne suis pas sûr que Verdi aurait apprécié non plus !


    Article publié par : Jean-Marc
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    Date Nom et site Web Message
    4 Messages
    • Décadence pitoyable

      19 janvier 2008 12:08 , par Michel

      Tout ça reflette pour moi l’absence de créativité (la vraie) et le vide culturel sidéral qui envahit peu à peu notre société (cf l’article précédent et ses divers commentaire). Les metteurs en scène dont le rôle à l’opéra, à mon sens, consiste à servir la musique et non pas à s’en servir pour se faire un nom, donnent au bon peuple ce qu’il demande : vulgarité, exhibitionisme, paires de weps, de fesses et de nichons en veux tu en voila, démonstrations pornographiques, bref tout ce qui peut injurier la beauté de cet art qu’est la musique. Ca fait bien, ça "provoque" et plein de blaireaux accourent pour voir ça non plus dans les établissements réservés à ces spectacles ( que je tolère sans problème) mais en des lieux où cet amalgame de bestialité et de vulgarité ne devrait pas avoir sa place. Certains applaudiront car ils considèrent que choquer en insultant ainsi une si belle musdiques est une forme d’art. Ma foi, ça les regarde. Pour ce qui me conserne j’y vois là encore un indicateur de la déchéance et de la décadence pitoyable de notre société.

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    • Un bal masqué à Bordeaux

      22 janvier 2008 13:17

      Je m’associe en tous points à votre critique de la mise en scène, d’ailleurs largement sifflée par la salle lors de la représentation samedi 19 janvier.
      J’ajouterais que laisser un des protagonistes fumer ostensiblement sur scène, et ce à deux reprises, est, dans le contexte actuel d’interdiction de fumer dans les lieux publics, une manifestation de rébellion infantile et inutile.

      Un nouveau détracteur de Carlos Wagner

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    • Un bal masqué à Bordeaux

      27 janvier 2008 21:30 , par lilu20

      Eh oui, quand on veut choquer le bourgeois il faut avoir quelque chose à dire. Hélas, j’y étais cet après-midi, j’ai payé ma place mais je m’associe pleinement à la critique ci-dessus. N’est pas Peter Sellars qui veut, encore moins Patrice Chéreau. On peut rajouter les anachronismes de tout poil, les costumes d’opérette, le statisme des acteurs... Bref de l’ennui et même pas de quoi rire. Une mention pour le petit page Oscar, qui avait le physique du rôle et bougeait comme un danseur de Tektonik - et là, le clin d’oeil pouvait se justifier. Pour le reste, on peut dire que Verdi a été exécuté.

      Voir en ligne : http://vocalises.net

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    • Un bal masqué à Bordeaux

      28 janvier 2008 07:51 , par Cherubin

      J’étais également à la réprésentation du 27 janvier.

      Tout d’abord je dois vous dire que l’idée de la tranposition me paraissait cohérente, puisque Verdi s’était lui même en son temps prêté à l’exercice. Pour lui Boston, pour nous Cuba ou la jungle Colombienne. Pourquoi pas.
      En revanche les défauts récurrents (la parade offenbachienne et les déguisements du I, la nudité répètée et gratuite du II, mais surtout les non-masques et la mort ridicule du III) gâchent l’ensemble. Dommage...

      En ce qui concerne les voix, c’est aussi très contasté. Certes Amélia domine l’ensemble (pour ne pas dire l’écrase) mais elle a une tendance au cri sans nuance et ces inspirations sont sonores. Cela reste très beau, bien entendu. Riccardo n’est pas à la hauteur et la face sombre du rôle n’est absolument pas là (la scène du "cimetière" n’en parait que plus décalée) même s’il s’améliore tout au long du spectacle. Rénato souffre lui aussi et va chercher très loin ses graves en début de spectacle.
      Les seconds rôles sont effectivement bien distribués et donnent un peu de légèreté à l’ensemble.

      En ce qui me concerne j’ai tout de même passé un bon moment et pour ma deuxième visite "opératique" en votre ville je suis plus satisfait que lors de ma précédente venue (Un Fidelio qui ne valait que pour Voigt qui avait, en plus, été à peine applaudi par rapport à ses confrères pourtant plus "lègers").

      Bravo pour votre site.

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