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    Les catégories de ténors et leurs enjeux.
    Une tentative de classification
    Le 22 décembre 2005


    Voici, comme promis, le second volet de cette visite de l’univers ténorin.

    Du plus grave au plus aigu, du plus sombre au plus clair.

    L’étendue est constituée par l’ensemble des notes que le chanteur peut atteindre. La tessiture est la zone de l’étendue où il se déplace avec le plus d’aisance.
    L’ut 3 est le do central d’un clavier de piano (classification française). Pour repère, les voix de basse sont comprises entre l’ut1 et le fa3, de baryton entre le sol1 et le sol3, de soprane entre le si bémol 2 et le mi bémol 5. (voir aussi l’article : Classement de la voix et destination vocale)

    Caruso

    Les catégories qui suivent sont extrêmement fluctuantes selon les ouvrages. On a essayé d’en retenir le maximum, en en présentant les traits communéments admis et en précisant à l’intérieur de chaque type ceux qui sont plutôt des sous-catégories. Mais on aurait pu dédoubler Heldentenor et ténor héroïque, ce n’est pas exactement la même chose, comme expliqué dans la rubrique.
    Il y a aussi les catégories trop précises, tel "di forza" (comme Mario Del Monaco), qui ne correspondent pas réellement à un réseau de rôles, ou à un nombre trop réduit parfois.
    Le "fort ténor", qui se veut l’analogie du ténor "di forza", est en fait un type historique de voix, (comme Georges Thill, Guy Chauvet ou, hors de l’époque, Gösta Winbergh) qui a eu cours en France, et qui permettait de chanter des rôles lyriques lourds, des rôles dramatiques, des rôles héroïques. Un baryton dramatique aux grands moyens (pouvant chanter plus lourd) mais avec des possibilités d’expression (pouvant chanter plus léger) ; ce n’est donc pas une catégorie vocale précise - mais plutôt l’expression de moyens vocaux.

    On a cherché, plutôt que de multiplier les exemples, à utiliser ceux qui semblaient les moins ambigus. On a aussi évité de citer des oeuvres trop rares - d’où l’absence notable de vingtième siècle dans les rôles.

    BARYTON-MARTIN : Ténor doté d’un cerveau, dit-on. ;-) Baryton à la voix claire, à l’aigu développé. Tire son nom du chanteur qui a "créé" la catégorie. On y trouve parfois des "ténors paresseux", comme Jacques Jansen. Rôles les plus célèbres : Pelléas, Danilo de La veuve joyeuse (Lehár).
    Etendue : la 1-si bémol 3.

    TAILLE : Voix de ténor grave spécifique au baroque français. Employé dans les choeurs ou comme soliste dans les oeuvres liturgiques. Sonorité douce et caressante.
    Exemples de rôles :
    => "Laudate nomen ejus" dans Jubilate deo omnis terram, Grand Motet de Michel-Richard De Lalande.
    => La partie de ténor du Messiah de Haendel s’en rapproche fortement.
    Exemples d’interprètes :
    => Ian Honeyman.

    HELDENTENOR ou TENOR HEROÏQUE : Voix de ténor destinée à chanter les rôles les plus lourds chez Wagner (Tristan et Siegfried principalement). Par extension, on l’applique parfois un peu abusivement à l’ensemble des premiers rôles ténor wagnériens. La confusion est entretenue par les interprètes qui ont chanté à la fois les deux types de rôles, tel Wolfgang Windgassen.
    La couleur en est généralement sombre, assez barytonnante (Ramón Vinay a fini en Iago d’Otello de Verdi !), la puissance très grande, et le timbre pas toujours beau. C’est un répertoire assez exclusif - le chanteur détimbre facilement dans le répertoire plus léger. Le contre-ut est nécessaire, mais souvent crié...
    On parle de ténor héroïque pour des rôles très lourds, essentiellement français (Enée des Troyens de Berlioz), souvent inspirés par l’esthétique wagnérienne (Samson chez Saint-Saëns).
    Etendue : ut2-ut4. Tessiture très longue, toute l’étendue doit être maîtrisée.
    Exemples de rôles :
    => cf. notice ci-dessus. Otello de Verdi.
    Exemples d’interprètes :
    => Lauritz Melchior, Max Lorenz, Wolfgang Windgassen, Hans Hopf. On se plaint souvent de la disparition de cette catégorie, aussi les rôles sont souvent tenus par des ténors dramatiques lourds (Siegfried Jerusalem, Ben Heppner, Robert Dean Smith). Les quelques représentants actuels sont souvent très spécialisés dans ces quelques rôles (Christian Frantz). Le timbre est alors souvent ingrat.

    TENOR DRAMATIQUE : Voix de ténor sombre. Destiné à des rôles plutôt lourds, avec des épanchements lyriques cependant.
    Etendue : ut2-ut4. Tessiture centrale.
    Exemples de rôle  :
    => Don Carlos de Verdi (lorsque chanté à la façon italienne, et non comme le grand lyrico-dramatique à la française originellement prévu).
    => Lohengrin ou Siegmund (Die Walküre) de Wagner.
    Exemples d’interprètes :
    => James King
    => Jonas Kaufmann
    => Peter Seiffert
    => Mario Del Monaco

    TENOR LYRIQUE : Voix plus légère, moins sombre, plus "pure", plus souple que le ténor dramatique. On lui réserve généralement des lignes mélodiques longues et flatteuses. Le ténor lyrique est en quelque sorte, dans l’imaginaire collectif, l’archétype du ténor.
    Variante : le lirico spinto est très utilisé par Verdi. C’est un ténor lyrique avec un très grand ambitus et des possibilités dramatiques. (comme Riccardo du Ballo in maschera).
    Etendue : ut2-ut4. On lui requiert régulièrement le contre-ut (ut4) de poitrine. Tessiture un peu plus aiguë que le ténor dramatique.
    Exemples de rôles :
    => Le duc de Mantoue dans le Rigoletto de Verdi.
    => Roméo dans Roméo et Juliette de Gounod
    => Gennaro dans Lucrezia Borgia de Donizetti
    Exemples d’interprètes :
    => Alfredo Kraus
    => Luciano Pavarotti
    => Roberto Alagna
    => Marcelo Alvarez
    => Ramón Vargas

    TENOR DEMI-CARACTERE : On y trouve bon nombre de rôles français moyennement lourds, on y utilise volontiers la voix mixte à partir du médium aigu - art du chant qui se pratique très peu désormais. Peut monter plus haut dans l’aigu, notamment en voix mixte.
    Etendue : ut 2 - ut 4 .
    Exemples de rôles :
    => Nadir dans les Pêcheurs de perles de Bizet.
    => George Brown dans La dame blanche de Boïeldieu.
    => Les premiers rôles dans les opéras-comiques d’Auber.
    Exemples d’interprètes :
    => Alain Vanzo
    => John Aler
    => Rockwell Blake. La virtuosité n’entre pas, sans doute à tort, dans les classifications traditionnelles. On pourrait considérer que le ténor rossinien est un ténor demi-caractère musclé et très agile, parce que les rôles comiques sont plutôt des tenori di grazia agiles, et les rôles sérieux sont plutôt des ténors lyriques agiles. R.Blake est, lui, un ténor demi-caractère agile, et Chris Merritt, un ténor lyrico-dramatique agile !

    TENORE DI GRAZIA : Format léger qui vise, comme l’indique son nom, à la séduction. Il se trouve chez Mozart et aussi dans le belcanto romantique (Nemorino de L’Elisir d’amore de Donizetti). La voix doit être assez souple.
    Etendue : ut2-ut4. Tessiture assez réduite (sol2-la3).
    Exemples de rôles :
    => Chez Mozart : Don Ottavio (Don Giovanni),
    Exemples d’interprètes :
    => Tito Schipa
    => Léopold Simoneau
    => Stuart Borrows

    TENOR LEGER :
    Voix claire, plutôt réservée à l’Opéra-Comique, particulièrement dans la seconde moitié du XIXe siècle, puis à l’opérette. Il peut user de voix de tête pour réaliser les aigus les plus périlleux.
    Etendue : ut 2 à ut 4.
    Exemples de rôles :
    => Zéphoris dans Si j’étais roi (Adam).
    Exemples d’interprètes :
    => André Mallabrera
    => les ténors d’opérette

    Attention ! On a parfois tendance à confondre ces trois catégories, qui sont il est vrai perméables. Luigi Alva est un ténor léger spécialisé dans les emplois di grazia (ce qui lui vaut d’être aujourd’hui largement contesté après des années de triomphe). Le ténor demi-caractère est si l’on veut l’avatar français du tenore di grazia, mais il est plus exigeant vocalement, et se rapproche souvent du ténor lyrique. Certains rôles sont des même des lyrico-dramatiques avec un brin d’esprit demi-caractère ; c’est le cas, typiquement, des rôles de Meyerbeer (Robert le diable, Raoul de Nangis, Jean de Leyde, Vasco de Gama), qui pouvaient être chantés en voix mixte ou en voix de poitrine - historiquement, Nourrit et Duprez les ont chantés avec succès.
    Quant au ténor léger, il est parfois confondu avec les autres selon la lourdeur des rôles : Gérald de Lakmé (Delibes) est un léger plus lourd qu’un rôle d’opérette, et peut se rapprocher du demi-caractère. Il est souvent rattaché à des rôles de héros qui refusent radicalement l’héroïsme.

    TENOR DE CARACTERE
    Sa voix est souvent nasale ou peu vibrée, car il s’agit avant tout de dresser un portrait. Il s’agit de l’anti-ténor-héros, qui s’exprime parallèlement à l’action principale. La voix n’est pas conçue pour être belle, mais pour exprimer des affects, souvent comiques. On trouve parfois la classification de "ténor aigu", peu usitée, qui recoupe largement cette catégorie et celle du haute-contre (donc peu pertinente).
    Etendue : ut 2 à ut 4
    Exemples de rôles :
    Courts mais très nombreux.
    => Monostatos dans Die Zauberflöte (Mozart)
    => Les trois valets dans Les Contes d’Hoffmann (Offenbach)
    => Le Tanzmeister (maître à danser) dans le Prologue d’Ariadne auf Naxos (R.Strauss)
    => Le Capitaine de Wozzeck (Berg)
    Exemples d’interprètes :
    => Heinz Zednik, version lourde (peut chanter Loge ou Mime dans le Ring wagnérien) ; catégorie nasale
    => Michel Sénéchal, version lyrico-légère (a chanté Vincent de Mireille de Gounod, un rôle demi-caractère) ; catégorie nasale et peu de vibrato
    => Jean-Paul Fouchécourt, lyrico-léger également ; peu de vibrato

    HAUTE-CONTRE
    Ténor aigu qui était employé pour les héros de la tragédie lyrique (l’opéra baroque français). La voix en est claire, progressivement mixte en s’élevant, le ton doit en être à la fois vaillant et charmant, sans aucune violence. Il incarne le raffinement du genre et son goût du texte (par opposition aux infinies coloratures italiennes contemporaines), qui grâce à ce type de voix est d’une intellegibilité parfaite - les harmoniques graves parasites sont gommées par l’usage de la voix mixte.
    La tessiture se situe assez haut, toujours dans le médium aigu, même si l’aigu n’est pas requis.
    Exemples de rôles :
    Tous les héros de la tragédie lyrique :
    => Lully : Cadmus, Atys, Phaëton, Roland, Persée, Renaud (Armide), Thésée...
    => Charpentier : Jason (Médée)
    => Desmarest : Enée (Didon)
    => Destouches : Agénor (Callirhoé)
    => Leclair : Glaucus (Scylla & Glaucus)
    => Boismortier : Don Quichotte (Don Quichotte chez la Duchesse)
    => Rameau : Dardanus, Zoroastre, Platée...
    Exemples d’interprètes :
    Ces chanteurs peuvent tous chanter des rôles de demi-caractère, de taille (moins exigeant), voire dans certains cas de lyrique.
    => Guy de Mey
    => Bruce Brewer
    => Howard Crook (l’exemple-type)
    => John Mark Ainsley (par ailleurs récitaliste de lieder, plutôt demi-caractère)
    => Gilles Ragon (peut chanter jusqu’au lyrico-dramatique)
    => Mark Padmore
    => Stephan van Dyck (autre exemple parfait)

    A ne pas confondre :
    Le CONTRE-TENOR n’a pas de lien avec le ténor. Ce terme signifie simplement que la voix se situe au-dessus du ténor. Il s’agit en réalité de falsettistes - certains préfèrent utiliser ce terme, plus explicite -, c’est-à-dire de chanteurs qui utilisent la voix de tête (le registre de fausset). Ils peuvent être ténors ou barytons, à l’origine ! Le contre-ténor n’est pas une catégorie en soi : il existe des contre-ténors alto et des contre-ténors soprano. On n’en rencontre pas en musique baroque française.
    Exemples de rôles :
    => l’alto soliste du Messiah de Haendel (on en trouve en règle génrale beaucoup dans les oratorios et cantates baroques)
    Exemples d’interprètes :
    => James Bowman (le premier à retravailler en tant que falsettiste)
    => Paul Esswood (alto)
    => Charles Brett
    => Andreas Scholl (alto)
    => David Daniels (alto)
    => Bejun Mehta (alto)
    => Brian Asawa
    => Philippe Jaroussky (soprano, qui s’essaie désormais à l’alto)
    => Un cas entretient la confusion : Gérard Lesne, un falsettiste autodidacte qui chante aussi bien des rôles de contre-ténor dans l’oratorio italien que des rôles de haute-contre dans les cantates françaises ! Il se dit haute-contre, sans doute pour des raisons de style, mais est vocalement à classer comme contre-ténor.
    Autre piège :
    Pour des raisons de publicité (faire comme les castrats) de vraisemblance (les femmes guerrières ne font pas recette), et aussi du fait de l’envie des contre-ténors célèbres d’élargir leur répertoire (très réduit, et équivalant à presque rien à l’opéra), on fait aujourd’hui tenir des rôles de castrats aux contre-ténors (comme les rôles-titre des opéras de Händel : Rinaldo, Giulio Cesare...), qui ont par ailleurs du mal à se faire entendre en salle.
    En effet, ces rôles étaient conçus pour castrats alto ou voix de contralto féminin, interchangeables, et les contre-ténors de l’époque étaient réservés à la musique sacrée ou à de plus petits rôles. Ils ne sont donc pas des rôles de contre-ténors, même si ceux-ci peuvent être engagés pour les chanter de nos jours. La voix d’un contre-ténor n’a rien à voir avec celle d’un castrat - plus féminine, plus agile et plus puissante. Les contre-ténors n’étaient pas des falsettistes, d’où leur plus grande aisance.

    A noter : on peut attribuer, on l’a vu, ces classifications à un rôle ou à un interprète. On remarque qu’il y a des mélanges. Ainsi, Don Basilio peut être interprété par des tenori di grazia ou des ténors de caractère (voire des ténors légers).
    De même, sans dévoyer l’esprit de ses rôles, Gilles Ragon a chanté successivement Jason de la Médée de Charpentier, Platée de Rameau (rôles de haute-contre), Raoul des Huguenots de Meyerbeer (rôle lyrique lourd), Ferrando dans le Così fan tutte de Mozart (rôle di grazia), Thésée dans Les rois de Fénelon (rôle dramatique, voire héroïque), et va aborder Werther de Massenet (rôle lyrico-dramatique). On remarque qu’il a éprouvé des difficultés dans Ferrando (son rôle le plus "léger" hors répertoire baroque) et dans Raoul (seulement vocales et très acceptables), un format lourd pour lui. Alors qu’il a chanté avec plus d’aisance vocale des rôles plus légers, plus lourds et plus centraux que ceux-là.
    Il y a aussi le cas de Nicolaï Gedda, qui a chanté dans toutes les langues et tous les styles. Il a ainsi abordé avec succès TOUTES les catégories solistes, heldentenor excepté : du ténor dramatique très lourd à la haute-contre, en passant par les grands lyriques, les ténors demi-caractère, di grazia, de caractère ou légers ! Et avec une bonne maîtrise des styles spécifiques.
    Plácido Domingo pose un autre problème, puisqu’il a aussi abordé un répertoire allant du ténor héroïque (en studio) au tenore di grazia, mais toujours avec le même style de lirico-drammatico spinto...

    Autant dire qu’il s’agit juste de repères, bon nombre de rôles et d’interprètes se trouvant à cheval entre deux classifications (qui varient sensiblement d’un ouvrage à l’autre, d’une tradition à l’autre), et souvent en recouvrant plusieurs. On voit ainsi des mezzo-sopranes chanter Fidelio (soprane dramatique, Fidelio et Leonore de Beethoven) ou Isolde (soprane dramatique, Tristan und Isolde de Wagner), ou des sopranes chanter Oktavian (mezzo-soprane lyrique, Der Rosenkavalier de Richard Strauss).
    Certains rôles, comme Dorabella ou Despina du Così fan tutte de Mozart, très hybrides, sont impossibles à classifier rigoureusement, en l’absence de telles distinctions à l’époque de la création. On les distribue soit à des sopranes demi-caractère (légères mais plus sombres), soit à des mezzo-sopranes assez légères (de Teresa Berganza à Angelika Kirchschlager) - hélas parfois aussi à des mezzo-sopranes aux moyens plus écrasants.
    Et beaucoup d’interprètes varient au cours de leur carrière, tel Dietrich Fischer-Dieskau, qui de baryton aigu à ses débuts (1941-1950 - il chantait le Winterreise en tonalité originale !) est rapidement devenu baryton lyrique (1950-1975) pour finir baryton de caractère (1975-1992).

    En réalité, pour être totalement pertinent, il faudrait subdiviser cette classification en écoles selon les nations chantantes et les époques. Là, on pourrait approcher une certaine pertinence.

    Un autre sujet intéressant serait le rapport des compositeurs avec les ténors, et la place qu’ils occupent dans leur schéma vocal et dans leur dramaturgie - ou la façon qu’ils ont d’influencer leur écriture. A l’occasion, si ça ne s’écarte pas trop de l’objet du site...

    David - subversifdupauvre


    Article publié par : DavidLeMarrec
    0 signatures à cette pétition
    Date Nom et site Web Message
    15 Messages
    • > Les catégories de ténors et leurs enjeux.

      22 décembre 2005 21:40 , par Jean-Marc

      J’avais lu ton article rapidement ce matin avant de le publier et en le relisant ce soir un peu plus détendu, je trouve que tu as fait un super boulot, très clair et très précis.

      Merci à toi pour ce travail de qualité, j’espère qu’il y aura d’autres articles.

      Comme mon ami Michel, un article sur les voix de barytons ou de basses m’intéresserait aussi...

      J’epère que nous serons amenés à nous rencontrer.

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      • > Les catégories de ténors et leurs enjeux. 22 décembre 2005 22:27 , par DavidLeMarrec

        J’en suis très touché, merci.

        Pour ce qui est de se rencontrer, je ne pense pas que ça pose de problème, au contraire. :-)

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        • > Les catégories de ténors et leurs enjeux. 26 décembre 2005 16:58 , par David

          Tres instructif ! Mais est-il serieux de consacrer autant de temps aux ténors ? N’est-il pas plus judicieux de s’interesser aux barytons ? Chanteurs dotés d’un cerveau...
          Allez, n’alimentons pas la polémique ténors-barytons (d’autant que la plupart des barytons rêvent de chanter des airs de ténors !!)
          Merci encore, je saute sur ma souris pour lire l’article suivant !

          ... en attendant d’en apprendre plus sur les barytons ;-)

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    • > Les catégories de ténors et leurs enjeux.

      28 décembre 2005 14:45 , par Michel

      Bonjour David

      Je vous félicite pour vos interventions cela fait vraiment plaisir de lire vos articles. Ils sont précis et pleins d’informations. Pour un amateur comme moi ça permet d’en savoir plus. Ca fait vraiment plaisir de compter un intervenant comme vous, érudit et qui ne se prend pas le chou en s’imposant tel un cuistre ainsi qu’on en a eu l’exemple il y a peu de temps avec une "docte personne" (Jean-Marc verra de qui je parle). Comme David je suis curieux d’en apprendre plus aussi sur le baryton dans vos prochains articles... Et qui sait ma foi peut être auront nous le plaisir de nous rencontrer lors d’une future rossignolade...
      Bravo et merci pour votre apport culturel.

      Michel

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      • > Les catégories de ténors et leurs enjeux. 28 décembre 2005 23:41 , par DavidLeMarrec

        Merci, vraiment, Michel. Je tâcherai donc de m’occuper des barytons lorsque j’aurai un peu de temps devant moi. La classification devrait être plus aisée, mais la partie historique, en revanche...

        C’est une catégorie qui très longtemps n’a pas existé, donc toujours à la frange ou des ténors ou des basses...

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    • > Les catégories de ténors et leurs enjeux.

      30 janvier 2006 19:45 , par Michaël

      Bonsoir,

      Je voulais vous remercier pour votre article très intéressant et souhaitais vous poser une question.

      Le Quid range "Fort ténor, ténor héroïque, de vaillance, de grand opéra, wagnérien, barytonnant" dans la même catégorie avec une tessiture Si1 - La4 alors que vous indiquez Do2 - Do4. Je vous remercie de m’apporter votre point de vue.

      Cordialement,

      Michaël

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      • Quelques commentaires à propos des choix du Quid. 31 janvier 2006 13:01 , par DavidLeMarrec

        Je crois me rappeler que la classification du Quid n’est pas mauvaise.

        Oui, il y a des variantes sensibles de l’une à l’autre des classifications, c’est pourquoi j’ai cherché à partir moi-même des oeuvres et des rôles, plutôt que de synthétiser des classifications qui ne convenaient pas toujours.

        Par exemple, ici, quelques remarques sur des détails d’usage :

        - le ténor héroïque est en effet une catégorie française largement inspirée de Wagner, c’est pourquoi on peut le classer comme une variante du ténor wagnérien, je suis d’accord.

        - Néanmoins, on ne dit jamais ténor wagnérien mais Heldentenor. Cela dit, ça peut se discuter, parce que le Heldentenor regroupe des rôles bien précis de Wagner. Certains commentateurs excluent même Lohengrin et Parsifal du champ du Heldentenor, qui se réduit alors à Tristan et Siegfried - ce qui n’a d’intérêt que pour les wagnériens fervents !
        Pourquoi pas ténor wagnérien, donc.

        - Fort ténor, je n’y reviens pas, est plus la réalité de certains emplois qu’une voix précise. Ce serait un ténor dramatique français qui tenait les rôles les plus héroïques du répertoire à une époque donnée de l’histoire du chant (en gros, pour autant que je puisse en juger, 1900-1975, le dernier représentant de l’école étant vraisemblablement Guy Chauvet).

        - ténor de vaillance est sans doute un ancien équivalent français, qui n’est jamais utilisé. Inutile d’ajouter des catégories inusitées dans un ouvrage de vulgarisation comme le Quid. En outre, un équivalent potentiel, le tenore di forza italien (par exemple Mario del Monaco), se rattache au ténor dramatique - car il n’existe pas de rôles héroïques dans le répertoire italien.
        Cette classification, en plus d’être superflue, peut prêter à confusion.

        - De même, ténor barytonnant, s’il désigne une réalité du timbre chez la plupart des interprètes de la catégorie, dont le médium grave est du pur baryton, a un côté péjoratif et n’est donc jamais employé, excepté pour décrire une réalité (plutôt) déplaisante chez un ténor qui n’est pas forcément liée à cette catégorie vocale précise.
        - Ténor de grand opéra, pour finir, me pose problème à double titre. D’une part, vu le type de voix, je ne vois absolument pas ce que l’expression est censée désigner. Ca ne veut absolument rien dire, de mon point de vue. (Un grand opéra, c’est un opéra avec beaucoup de messieurs dans la fosse qui font crier le monsieur sur la fosse ?) D’autre part, le risque de confusion avec le grand lyrico-dramatique à la française, qui chante dans le grand opéra à la française, est risqué. Le type de voix n’est pas du tout le même, puisqu’il s’agit d’une voix lyrique avec des possibilités dramatiques. La voix doit en être claire, agile, utiliser la voix mixte si nécessaire. C’est un compromis entre le ténor rossinien et Werther, si on veut (!). Le terme ne désignant rien, je ne vois pas l’intérêt de risquer la confusion. En tout cas personnellement, j’aurais compris "ténor qui chante du Grand Opéra à la française".

        A présent sur l’étendue. Le terme tessiture est ambigu, bien qu’on l’emploie généralement dans ces ouvrages, car il peut désigner aussi bien la zone d’aisance du chanteur (c’est ainsi que je l’emploie) que l’ensemble des notes d’un rôle - se confondant ainsi avec l’étendue. Je préfère employer tessiture et étendue au sens strict, pour plus de clarté.

        Le Quid nous dit Si1-La4. Je suis d’accord pour le Si1 ou même le Sib1, ces notes sont parfois requises chez le Heldentenor. Elles ne le sont cependant pas chez les ténors wagnériens au sens large, ni chez les ténors héroïques à ma connaissance, c’est pourquoi je m’en suis abstenu.
        Mais là, on peut discuter à l’infini, parce que chaque rôle a sa propre étendue et qu’il faut nécessairement schématiser pour faire une catégorie.
        Là où je suis moins d’accord, c’est pour le la4. Certes, Lohengrin plafonne au la4, mais pas Siegfried ni Tristan. Il faut aussi avoir le haut de la tessiture pour tenir correctement ces rôles, sans parler du répertoire français, comme Werther, appanage de toutes les catégories, du type wagnérien au demi-caractère.
        Mais le but d’une catégorie n’est pas qu’elle soit parfaitement vraie : il faut s’en servir, et ça aide à mieux comprendre certains arcanes. L’établissement des tableaux n’a pas d’intérêt en lui-même.

        Toutefois, en l’absence de proposition satisfaisante, j’ai élaboré la mienne... A voir à l’usage.

        La classification la plus juste que je connaisse pour l’instant est celle-ci, par la spécialiste de l’odologie (étude scientifique de la voix chantée, spécialement d’opéra dans son cas) : http://www.lpl.univ-aix.fr/lpl/personnel/scotto/articles/voixhum.pdf.
        Le problème est qu’elle n’est pas commentée. Et je m’en suis volontairement écarté, parce qu’elle me semble parfois un brin trop théorique.

        Voilà voilà, je reste bien sûr à disposition pour de plus amples précisions.

        David

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    • Ou classez-vous Tony Poncet ?

      Merci de ces précisions utiles

      repondre message

      • > Les catégories de ténors et leurs enjeux. 14 mars 2006 23:40 , par DavidLeMarrec

        Tony Poncet est l’exemple même du Fort Ténor. Du coup, son format de voix est assez transversal, puisqu’il a pu chanter :
        - des rôles héroïques (il me semble qu’il a chanté Sigurd)
        - des rôles dramatiques (italiens en particulier, quitte à les traduire en français ; ou alors Jean de Leyde du Prophète)
        - des rôles lyriques lourds (comme Raoul, pour lequel il avait un format plutôt lourd)

        La nature de sa voix était vraiment celle d’un ténor dramatique, avec le côté rèche qui convient mieux aux éclats de force qu’au lyrisme - tout en ayant les moyens des deux.
        `

        Pour ces questions, vous pouvez aussi consulter, sur ce site :
        - un tableau sur le Fort Ténor : http://vocalises.net/article.php3?id_article=0105
        - et sa version actualisée que je n’avais pas reportée : http://operacritiques.free.fr/forttenor.htm
        `

        A votre disposition si je peux aider, avec tout ce que ce genre d’exercice a de relatif.

        David

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    • > Les catégories de ténors et leurs enjeux.

      27 mars 2006 12:37 , par mickaël

      Bonjour,
      Je souhaite apprendre à chantait en lyrique, mais aujourdhui j’ai 30 ans et mes questions sont les suivantes :

      Et-il encore possible d’apprendre à mon âge ?

      Si oui, je ne pourrais pas chantait dans des orchestres car je ne serais pas diplomé des conservatoires ?

      Je vous remercie pour vos prochaines réponses.

      Mickaël de Paris.

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      • > Les catégories de ténors et leurs enjeux. 5 décembre 2006 02:38 , par Daniele

        Bien sûr que vous pouvez apprendre à chanter à 30 ans. J’ai eu plusieurs élèves qui ont commencé après leur retraite donc à 60 ans et qui font parfois, au gré de leurs affinités, des petites (et même grandes) merveilles. Exemples à suivre pour les jeunes qui manquent de courage !
        Danièle, prof de chant

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    • Les catégories de ténors et leurs enjeux.

      16 août 2007 14:05 , par Melo-Dee

      Salut !
      Je voudrais avoir des exercices qui me permettront d’améliorer ma voix et exceler dans le chant.
      Merci.
      Fara MENDY (Sénégal)

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      • prot�ge ta gorge, fait des �chauffements des cordes vocales avec massage a celles-ci. Fait des mouvements de relaxation avant de chanter (mouvement de la t�te, des bras, des �paules, sans arr�ter de respirer...etc). Utilise une paille de sirops pour �chauffement de ta voix en respectant les sons d’un clavier de piano et ses notes. Ne force pas ta gorge inutilement avec des cris non contr�les. Exemple : lorsque tu tousses tu irrites tes cordes vocales.
        Un chanteur

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    • Les catégories de ténors et leurs enjeux.

      21 octobre 2009 21:27 , par antonio

      Bonjour,

      C’est bien beau tout ca.. mais vous ne dite rien sur le ténor Colorature !!! le vrai COLORATURE pas les rossinien ou les léger ou je ne sais quoi... avec les sur-aigus .. le seul ténor colorature qui me vien a l’esprit est un jeune ténor,Sébastien Chartry.. il possède le contre-fa il a tout les roles de colorature si vous ne me croyez pas taper sebastien chartry sur google.. logiquement c’est le premier ..

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