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    article précédent - Baryton, ténor, d’accord cela existe si l’on veut article suivant - Cette forme d’opérette que j’exècre

    Définitivement ténor
    Le dernier épisode du feuilleton
    Le 29 avril 2010


    Mon silence depuis un certain temps pourrait laisser à penser que je me suis désintéressé du chant et que j’ai finalement capitulé devant les difficultés. Et bien non, il n’en est rien, la bête respire et chante encore.

    D’abord je dois rendre un hommage appuyé à mon professeur de chant actuel Christian Lara qui depuis trois ans m’accompagne dans cette mutation vocale que je me suis imposée. Sa position est délicate et il n’est pas toujours facile de résister aux assauts de ceux qui lui disent régulièrement qu’il fait fausse route et que l’entêtement que j’ai à vouloir chanter "Pourquoi me réveiller" correctement est inutile et stérile.

    Elève atypique, c’est sûrement un challenge difficile à relever pour un professeur que de m’accompagner au quotidien. Christian est aussi un professeur atypique : il a compris depuis bien longtemps qu’il fallait s’y prendre autrement avec moi et j’ai le sentiment qu’il arrive là où d’autres ont échoué.

    Me piloter vocalement est un challenge qu’il a relevé avec panache, car on ne s’ennuie jamais lors d’un cours. Je suis curieux, passionné et toujours à l’affût d’une nouvelle découverte, d’un nouvel ouvrage, d’un nouvel air, d’un nouveau compositeur oublié. Nous devons aussi être les seuls avec ma moitié à chanter des duos lors de nos séances de chant, ça élargit le répertoire.

    Avec mon diplôme de fin d’étude du conservatoire en classe de chant en tant que baryton, il fallait vraiment que je sois un peu fondu pour sentir qu’il fallait désapprendre à chanter et recommencer à zéro.

    Mon professeur, statufié par beaucoup du haut de son expérience incontestable, ne s’en laisse pas conter.

    Il a beaucoup joué de son côté Normand du Sud-Ouest se traduisant par un refus délibéré de prendre parti pour les uns ou pour les autres et a usé de beaucoup de patience à mon égard. Il m’a donné le sentiment surtout au début de ne pas être très clair et de me faire volontairement patauger un peu. Il savait semble-t-il où il allait car une métamorphose a fini par s’opérer.

    Certains professeurs femmes m’avaient définitivement catalogué baryton, pas mal d’autres, pour la plupart des hommes, m’avaient dit que j’étais ténor. Qui avait raison ?

    Christian Lara, ténor établi à la longue expérience, dont les aigus sont bien présents et puissants, a comme je vous l’ai indiqué toujours refusé de se prononcer.

    Au fil des mois et maintenant des années, il semble que ce choix délibéré d’attendre et de voir venir, de toujours me laisser choisir ce que je voulais chanter tout en se focalisant sur l’essentiel, c’est-à-dire la bonne émission vocale, ait finalement porté ses fruits.

    Au cours de ces trois dernières années, j’ai chanté des tas d’airs, en moyenne un par semaine qu’ils soient de baryton, ténor léger, baryton martin, ténor lyrique, ténor trial. Ils n’étaient pas toujours pour moi, mais j’ai progressé et j’ai levé des inhibitions par rapport à ces fameuses notes aigües. Christian a corrigé l’essentiel d’un point de vue vocal, ma voix est devenu libre et s’est débarrassée à 95% de tous ces défauts que j’avais accumulés au fil de mes expériences malheureuses dans les écoles de musique de la région.
    De mois en mois quand je me ré-écoute ou que j’interprète à nouveau ces morceaux qui me posaient problème, j’entends et je sens bien que c’est le jour et la nuit. Il semble bien que l’on a au bout du compte fait du bon boulot, la ligne de chant coule maintenant bien plus facilement.

    Tout n’est pas gagné, mais on voit poindre la première récolte de ce qui a été semé.

    Je me souviens d’un certain Jean-Yves il y a une quinzaine d’années que d’autres dames bienveillantes avaient catalogués baryton. Parce qu’il y croyait, à force de travail et de conviction, il est un jour devenu un ténor incontestable. Personne aujourd’hui ne pense plus qu’il ait pû être baryton.

    Pour mon examen de chant de fin d’année dans le cadre de cette école de musique où je continue à m’entêter à progresser j’interpréterai trois airs, dont celui de la jolie fille de Perth de Bizet : "A la voix d’un amant fidèle" , l’air de Basile dans les noces de Figaro de Mozart : "In quelql’anni in val poco" et une mélodie de Gounod "O ma belle rebelle" parce qu’il faut bien chanter une mélodie. Si ce ne sont pas des airs de bravoure, ce sont quand même bien des airs écrits pour la clé de Sol.

    Maintenant quand je chante des airs de baryton plus d’un quart d’heure, ce que je ne m’interdis pas, j’ai la gorge qui me chatouille et qui me gratouille. Il ne faut pas en abuser et il n’y a pas besoin d’être docteur pour constater que quelque chose s’est passé.

    Je ne serai sans doute jamais un Ténor de Grand Opéra : il faut des qualités vocales que je n’ai pas et que je n’ai plus le temps d’avoir. Par contre je tiens bien cette tessiture et ça ne me pose maintenant plus aucun problème sur la durée. Concernant les Si, pour peu qu’ils soient un tant soit peu discrets et négociables j’arrive à les aborder honorablement.

    Il y a maintes œuvres du répertoire lyrique qui s’arrêtent au La et il y a une place dans le répertoire lyrique pour faire plaisir aux gens qui ont une tessiture similaire à la mienne, un peu intermédiaire. Si on regarde sur la ligne en face du rôle, il y est bien marqué ténor.

    Alors ténor ça veut dire quoi ? Qu’il faut s’appeler Wunderlich pour avoir le droit de chanter ?

    Le répertoire d’Offenbach est tout à fait abordable pour le type de ténor que je revendique être. C’est une bonne nouvelle car ce répertoire me plait beaucoup et il a l’avantage d’être immense. Offenbach a écrit plus de cent ouvrages dont 90% sont inconnus du grand public et de bien des chanteurs.

    Dans les "deux vieilles gardes" de Léo Delibes, le rôle de Madame Potichon que j’interpréterai à Barie au mois d’août prochain ne me pose aucune difficulté. Madame Vertuchoux légèrement plus aigüe que j’aurai pu interpréter aussi ne m’en pose pas non plus. Pourtant, ces deux rôles sont bien deux rôles de ténors.

    C’est de l’opérette me direz-vous ? Et alors, ça reste du chant et une bien belle page de musique liée à notre culture Française.

    On peut se faire plaisir et faire plaisir au public, même si on ne s’appelle pas Alagna, Wunderlich ou Pavarotti avec des ouvrages de ce type.
    Il y a de la place pour tout le monde, il faut juste ne pas chercher à être ce qu’on n’est pas. Il manque d’interprètes pour faire découvrir ce répertoire intermédiaire oublié. Pour ma part ,je pense avoir trouvé ma voix de ce côté en laissant à d’autre le loisir de chanter les Carmen, les Werther, ou les Filles du régiment. Je me focalise avec un travail de recherche approfondi sur des oeuvres que je peux aborder, qui sont et c’est un choix, toujours pétillantes, charmantes pour tout public.

    Je crois que tenter de franchir ce pas, qui conduit à devenir ténor quand on n’a pas une voix naturelle identifiable de manière évidente dès le départ, nécessite une volonté et une détermination de tous les instants et qu’il faut l’avoir vécu pour pouvoir comprendre cette démarche. Elle nécessite incontestablement une technique que dans 90% des cas on n’a pas naturellement chez l’homme et il faut apprendre à l’apprivoiser lentement.

    C’est peut-être sur cette fragilité, sur ce doute ou sur une manière particulière de se remettre en question vocalement que se construit la véritable différence entre un ténor et un baryton qui au bout du compte ne sont pas si éloignés.


    Article publié par : Jean-Marc
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    2 Messages
    • Définitivement ténor

      30 avril 2010 09:37 , par Jef

      Jean-Marc, le principal est de se faire plaisir.

      J’ai commencé il y a 25 ans des cours de chant dans mon conservatoire de région parisienne où j’ai été catalogué ténor et où mon répertoire se situait dans celui du ténor léger spinto. J’y suis resté une dizaine d’année.

      Quand je me suis décidé de reprendre le chant à plus de quarante ans, dans une ville de province où le conservatoire est interdit aux adultes !!!!!!, je travaille maintenant haute contre, ce qui ne m’empèche pas de chanter ténor.

      Et moi qui voulait chanter Lohengrin !!!!!!!

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      • Définitivement ténor 3 mai 2010 10:22 , par Michel

        Comme le dit Jef le tout est de se faire plaisir, et surtout de se sentir bien dans sa voix. De toutes façon c’est sur scène ou devant un auditoire que la réalité des choses est inexorablement mise au jour.

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    Baryton, Cette